Feedback

Comme à Tarragona et Rennes, les pédagogues du GPAS Varsovie attirent notre attention sur la question du retour fait aux enfants. Qu’est-ce que leur implication active dans le projet leur rapporte en somme ? Comment faire pour que cette relation entre artistes, chercheurs d’un côté et enfants de l’autre aille dans les deux sens ? Les artistes et les chercheurs sont sollicités sur cette question, car il est vrai que souvent les enfants leur ont permis de visiter le quartier, d’obtenir des informations, de participer aux interviews, de pénétrer certains espaces privés. Pour autant, devons-nous considérer que seuls les artistes et les chercheurs sont responsables de ce « feed-back » ? Et si, pour le groupe de pédagogues de Varsovie il semble évident que les enfants apprécieraient une pizza ou une partie de bowling, dans quelle mesure ce « feed-back » ne peut-il pas être assimilé à une monnaie d’échange ?

De mon point de vue, la responsabilité de ce « feed-back » incombe d’abord au projet Expéditions dans la manière dont il a été pensé. Je pense aussi que les pédagogues doivent être fortement sollicités sur ce sujet. En effet, le projet est une proposition faite aux artistes, chercheurs et pédagogues, avec les mêmes règles du jeu et la même structure de production. Le chercheur, par exemple, ne peut valoriser son travail qu’à la condition de transformer les données qu’il obtient sous une forme « reconnue » auprès de la communauté scientifique, mais aussi civile. Il ne tient alors qu’à lui de produire un travaill, lequel sera présenté dans une trentaine de villse sous la forme d’expositiosn et de séminairse, édité dans un ouvrage et présent également dans un documentaire. Il en est de même pour les artistes et les pédagogues. Chaque production issue du dispositif d’observation de chacun est destinée à êtrevaloriséer de la sorte, au même niveau. D’où l’importance de conserver une autonomie des dispositifs, de ne pas dépendre de l’autre, et de considérer les collaborations comme un moyen pour enrichir son travail et lui donner une certaine envergure. Les pédagogues ont donc cette possibilité de produire avec les enfants un travail qui sera présenté selon les mêmes conditions que celles du chercheur ou de l’artiste, avec tous les avantages que cela comporte en terme d’accès à la culture et à la parole. C’est ici que se situe l’essentiel du « feed-back ». Il y a une tribune qui s’ouvre, dont il faut se saisir.

Je comprends parfaitement qu’il peut parfois être difficile pour un enfant ou un adolescent de saisir l’enjeu d’une telle démarche, d’un projet considéré comme abstrait. Mais il est important d’essayer de faire passer le message, de partager avec eux l’intérêt de ce projet, au-delà des activités qu’il implique. C’est le choix de la participation à un tel projet qui prouve l’intérêt d’y collaborer. La question essentielle est donc pourquoi participer à ce projet ? Les pédagogues me semblent être les mieux placés pour communiquer cet intérêt aux enfants et je sais que chacun se tient à leur disposition pour les y aider. Mais on ne peut seulement se satisfaire de la prise en charge des activités de consommation, même si cette démarche figure clairement dans le dispositif pédagogique. Nous passerions à côté. L’autonomie des dispositifs prend ici un tout autre sens, il garantie la non-utilisation des enfants au profit des dispositifs d’observation des chercheurs ou desartistese, il garantie aussi la valorisation à niveau égale du travail des pédagogues et place la participation des enfants non pas au cœur, ni au centre, mais au sein du projet.


As in Tarragona and Rennes, the pedagogues of GPAS Varsaw are questioning the team about the feedback to the children who participate in the project. What do they have in return ? How does this relation could be equal between artistes, researchers and also kids ? Justyna was asking artists and researchers on this question, because kids help them to attain some information about their activity or about the neighborhood. But, can we consider artists and researchers as responsable of this « feedback » ? And if, in Praga, pedagogues said that kids would like a pizza or bowling game, how can’t we read it as a exchanging money ?

For me, the « feedback » is for the responsibility of the project, I mean how it was thought. I think also that the pedagogues have to be involved in this question. Indeed, Expeditions project is a proposition for artistes, researchers and pedagogues, with the same rules and the same production. For example the researcher values his work only if he transforms data and elements which he obtains as a form « recognize » inside the scientific and civil community. It is his responsibility to do a work, which will be produced in 30 cities by the organization (exhibitions, seminars, publications, documentary…). It the same for artistes and researchers. Each productions from observing devices will be values like that, at the same level. That why it is very important to conserve a autonomous device, to not be dependent of each other in team, and to any considerate the collaboration like a way to expand the scope of his work. So, the pedagogues have also this possibility to product with kids a work which will be presented as the same conditions than researchers and artistes conditions, with the same advantages to accede to the culture and to have a place to talk. That is the essential « feedback ». It is a forum.

I understand that it could be difficult for a kid or a teenagers to apprehend the stake of this approach. But it is important to try to give this message, to share with kids the interest of this project, beyond activities. It is the choice of the participation which give a proof of this interest to collaborate in this project. So, the essential question is why participate on this project ? Pedagogues look like at the better place to  communicate this interest to the kids and I know that every body could help them. But we can not be satisfy with consumption activities, even if this approach feature in the pedagogic device. We would miss something. The autonomous of devices take here another signification. It avoids the exploitation of kids. It ensures the same kid’s valuation as artistes and researchers of the pedagogue’s work and the children’s participation, not in the middle but within the project.

 

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