Mon projet pour la résidence

« Les êtres vivants »
(« Voyez-vous ces êtres vivants » Manset/Bashung)

L’aspect de la vie sociale qui retient mon attention concerne le corps. Le corps physique. Ce corps qui bouge, qui agit, qui se comporte, qui se déplace, qui fait présence. Ce corps qui nous fait signe. Ce corps qui vit, et qui fait preuve de présence vivante.

Nous sommes tous vivants. Debout et vivants ! Nous sommes « en formes ». Nous nous présentons aux autres comme une forme au dedans de laquelle se nichent un individu, une conscience, un alter ego, un être vivant.

La lucarne que j’entrouvre soulève le principe selon lequel l’acte de présence du corps, ses formes et la perception que j’ai de sa manifestation physique sont primordiaux. J’admets donc que le corps inaugural est un antécédent phénoménal à partir duquel le langage, le sens commun, les identités et la culture des groupes se constituent.

En tant qu’explorateur, lardé de ce principe, j’envisage alors de constituer un inventaire des corps vivants (dans la limite de ceux que je rencontrerai). Mon but est d’extraire une empreinte gestuelle, graphique, posturale ou situationnelle. Je réaliserai des moulages en plâtre, des dessins, des sculptures en fil de fer… ou autrement. Je suis encore au travail sur la question technique. Par ailleurs, je veux obtenir les indications (lieux, profession, âge, sexe, activités, outils…) et les interprétations auprès d’autres personnes (enfants ou adultes), à contre temps. Par exemple, que dire de l’empreinte d’une main ? Que dire de la courbure d’un corps ? Que dire de la disposition des corps dans un supermarché. Je veux aussi représenter la disposition des corps dans l’espace et capter les interprétations des uns et des autres, en utilisant des figurines peut-être, des jetons, un plateau de jeu d’échec…

Toutes les productions visuelles peuvent être dispersées dans l’espace public, sous la forme d’affiches, de tracts, de peinture au sol, etc. Mon ambition est de les exposer de façon quasi immédiate (dans la mesure du possible) et dans leur lieu même d’observation, de sorte à marquer mon passage, le passage de mon corps en quelque sorte.

 

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